bien manger coûte cher

“Bien manger coûte cher !” : Mythe ou Réalité?

C’est certainement quelque chose que vous vous êtes déjà dit, que vous avez pensé ou que vous avez entendu autour de vous. En tout cas, nous, on se l’est déjà dit…

Mais avant de partir dans ce débat, c’est important, il me semble de se mettre d’accord sur ce qu’il y a derrière “bien manger”…

C’est quoi exactement “bien manger” pour vous?

On ne peut parler de “bien manger” que si déjà, on mange à sa faim…

Il n’est pas question pour moi ici de dénigrer ou de sous-estimer cette réalité…Bien au contraire… D’ailleurs, ce n’est pas parce que l’on n’est pas dans cette situation que l’on doit s’affranchir d’être attentif au gaspillage alimentaire chez soi. C’est tout de même 20kg en moyenne par an et par habitant et si on regarde l’ensemble du processus de production de nos aliments c’est autour de 100kg par an et par habitant. (source: gaspillagealimentaire.fr)

gaspillage-alimentaire-infographie

Bref, ça c’est fait et j’assume. D’ailleurs, ceux qui me connaissent personnellement me retrouveront bien là…

Mais redevenons un peu plus léger, car le “bien manger” que je souhaite aborder n’est pas celui là….

Bien manger, surtout en France au pays de la gastronomie, c’est avant tout:

  • Se faire plaisir

…C’est vrai! Notre culture fait qu’une certaine proportion de la population est faite d’épicuriens: vous savez le bon verre de vin avec le fromage qui va bien pour certain ou pour d’autre ces ravioles ou cette pièce du boucher avec une délicieuse sauce au poivre…

Ça ne colle pas vraiment avec www.soigne-ton-assiette.com? C’est juste!

Alors sinon, “bien manger”, ça pourrait être:

  • Ne pas manger entre les repas, ne pas grignoter
  • Ne pas faire autre chose en mangeant (regarder la TV, le téléphone…), ne pas manger sur le pouce
  • Bien structurer ses repas autour d’un traditionnel: entrée/plat/dessert

Mais pour moi, c’est plutôt

  • Manger sain

Là encore, il peut y avoir débat sur ce que j’entends par “manger sain”: bio, conventionnel, local ?…

Alors pour moi, et ça n’engage que moi, c’est manger local et bio quand c’est possible…On n’est pas des extrémistes non plus…

OUI! Ce “Bien manger” coûte cher!

Alors c’est vrai, si on compare des produits similaires comme ceux-ci:soupe bio ou non biocéréales bio ou non bio

biscuit bio contre conventionnel

Ça fait peur: le budget prend +60% selon les produits!

Mais que paye t on en fait?

Pensez vous que la différence entre le bio et le non bio soit seulement due aux matières premières bio qui sont plus chères car les rendements sont moindre et que c’est plus compliqué à produire?

Certes, mais c’est aussi un marché en plein essor, où les marges commerciales des différents intermédiaires, à commencer par celle des grandes surfaces, sont plus importantes.  Et c’est la même chose pour le local!

Pourquoi?

label bioLe marché bio est un marché porteur qui progresse de +20% depuis 2 ans et pour lequel le pouvoir d’achat des consommateurs est considéré comme plus important.

Sur le chocolat par exemple, (et oui j’adore le chocolat Winking smile), la pression de la demande fait augmenter le coût du marché des matières premières. C’est indubitable.

L’augmentation s’élevait l’an dernier à1.5 euros/kg en moyenne soit sur une tablette de 100g: au minimum 15cts voir plutôt 20cts avec les différents coefficients appliqués à tous les niveaux ( pertes en cours de transformation, différentes marges commerciales).

Encore une fois, c’est le même phénomène sur le local et les produits régionaux!

Mais pour autant, ce n’est pas une fatalité et j’aimerai que l’on aille au de là de ce simple constat et de ce simple relevé de prix comparatif.

Quand on veut se mettre à bien manger on pense souvent à bio et/ou local.

Mais pensez vous au degré de transformation des aliments que vous consommez?

Avez vous chiffré dans votre budget le coût des produits “malbouffe”?

Non! “Bien manger” ne coûte pas cher!

Je vais vous le démontrer mais on va élargir notre vision et nos horizons.

Vos habitudes

1-Etat des lieux: votre dernier ticket de caisse

Tout d’abord, faites le tour de vos placards ou passez en revue votre dernier ticket de caisse, et faites l’inventaire ainsi que le coût pour les produits relevant de la malbouffe (soda, bières, pizzas (oui je sais aux USA, c’est considéré comme un légume Confused smile), chips, saucisse de Starsbourg, bonbons, barres chocolatées….). Je vous laisse juger par vous même et faire votre propre liste (mon chocolat noir n’est pas dans ma liste malbouffe Winking smile).

2-Etat des lieux: les produits préparés

Ensuite, faites le point sur les produits transformés que vous achetez (soupe en brique ou lyophilisée, plats cuisinés surgelés ou en conserve…)

Alors? Bilan?

3-Dernier point: les fruits et légumesfruits et légumes

Vous les achetez en supermarché?  Et ce n’est pas donné, n’est ce pas?

 

 

 

Ces quelques constats faits (et vous pourrez en faire d’autres), j’aimerai vous poser une question:

Combien ça vous coûte, à vous, de faire un plat de lasagne maison?

De quoi est constitué le prix des produits que vous achetez?

Je vais vous parler d’un des plus grand scandale de l’agroalimentaire de ces 10 dernières années…

Les lasagnes au chevalscandale lasagne au cheval

Vous n’en avez pas entendu parler?

Impossible! Findus, l’affaire Spanghero…Vous y êtes?

A l’époque, je travaillais dans l’industrie agroalimentaire. Et bien cette crise ne m’a pas du tout surprise, aussi étonnant que cela puisse paraître.

Certes, en industrie, on achète en gros, et on fabrique de grosses de séries.

En revanche, on paye l’énergie, les emballages, les salaires des personnes qui fabriquent, qui facturent, qui font le marketing… On paye le stockage, le transport… Les centrales d’achat et les magasins font leurs marges commerciales pour couvrir également leur frais de fonctionnement. Donc ce n’est pas possible de vendre moins cher en magasin que ce que vous coûte des lasagnes faites par vos soins.

Les industriels travaillent le coût de revient de la composition du produit en ajoutant des épaississants, des texturants, des arômes, en important leur matières premières de pays où la main d’oeuvre est moins chère et j’en passe… Tout cela pour faire baisser le prix de la recette et pouvoir proposer un produit à un prix suffisamment bas.

A l’extrême, quand plus rien ne peut être optimisé, la tension du marché peut aller jusqu’à pousser certains intermédiaires malhonnêtes dans les filières à la fraude sur les matières premières. Ce n’est pas excusable mais c’est ce qui s’est passé dans cette affaire des lasagnes au cheval.

L’heure du choix

heure du choixEn revanche, que ce soit clair, même si elles permettent de faire découvrir un certain nombre de chose au grand public, je ne suis pas fan des Cash Investigation et autres émissions à scandale sur l’agroalimentaire, où le but est avant tout de vendre du scandale pour faire de l’audience.

Bref, c’est un autre sujet, mais je vous invite à garder votre esprit critique quand vous regardez ce type d’émission. Parfois le plus gros scandale n’est pas là où le projecteur éclaire…Si vous ne l’avez pas lu, un exemple avec cet article du bœuf dans le yaourt.

Pour résumer, un produit que vous achetez moins cher que du “fait maison”, il y a un problème ou une raison à vous de voir! Pas forcément du cheval à la place du boeuf, mais en tout cas, la composition est forcément moins qualitative que si vous les faisiez vous même!

Après vous n’avez peut être pas le temps de faire vous même des lasagnes.

Mais alors il faudra faire un choix entre:

la praticité et la composition des produits.

Si vous voulez les deux, c’est plus cher. Et en plus, la qualité reste relative, comparée à du “homework”.

Je vous invite donc à vous posez la question suivante quand vous achetez des aliments:

Achetez -vous un service rendu (temps de préparation réduit) ou une “qualité ”?

le prix d une salade

Chez soigne ton assiette

Entre santé et praticité, on a fait notre choix…

Pour y arriver, on s’est réorganisé. Mais pour autant en travaillant, avec 2 enfants, impossible, pour nous de passer 1h à cuisiner pour chaque repas. On fait beaucoup de crudités ou de soupe et comme dit mon conjoint, le cuiseur vapeur est notre meilleur ami. C’est sûr cela demande un peu plus de temps que de mettre un plat tout prêt au micro ondes mais c’est meilleur pour la santé et ça pèse moins sur le budget.

Vous n’avez pas le temps…

Nettoyer la salade ou laver les légumes, c’est trop long?

Faites travailler vos enfants! Rolling on the floor laughing Ils adorent s’amuser avec l’eau et surtout se rendre utiles. En plus, avec un peu de chance, ils en mangeront… Vous ne connaissez pas la formule magique: “c’est moi qui l’ai fait!”

Et puis, si il reste quelques insectes, ça fait des protéines, certains paient très chers pour ça!Open-mouthed smile

Vous pensez toujours que “bien manger ça coûte plus cher” ?

Je vous laisse vous faire votre idée.

En toute transparence, voici notre budget hebdomadaire pour:

  • 2 adultes (dont un rugbyman et l’appétit qui va avec!)
  • 2 enfants (qu’il vaut mieux avoir en photo qu’à table!) oui oui, certains pourraient laisser un commentaire en bas pour attester que je n’exagère pas s’il vous plait…
  • Pour 3 repas par jour + goûter (si vos enfants sont à la cantine, il faudra le prendre en compte pour comparer ce qui est comparable)
  • Les fruits et légumes représentent 50% de notre budget en quantité et en coût.
  • La majorité de nos fruits et légumes sont bio et locaux.
  • J’estime que nous consommons entre 80 et 90% de produits bios (tous produits alimentaires confondus).
  • Environ 20% de ce que nous mangeons provient du supermarché.

Notre budget, c’est entre 150 et 170 euros par semaine (quand notre petit potager de 20m² ne produit pas comme actuellement).

Depuis 1960, les ménages consacrent à l’alimentation une part de plus en plus réduite de leur dépense de consommation : 20 % en 2014 contre 35 % en 1960. En cinquante ans, la consommation alimentaire par habitant a malgré tout augmenté régulièrement en volume, mais moins rapidement que l’ensemble de la consommation. La composition du panier alimentaire s’est par ailleurs modifiée. La viande, les fruits et légumes, les pains et céréales et les boissons alcoolisées progressent moins vite que les autres produits alimentaires. Ils cèdent notamment du terrain aux produits transformés et aux plats préparés. La hausse du pouvoir d’achat des ménages, l’évolution contrastée des prix des différents produits et la baisse du temps consacré à la cuisine contribuent à la modification des pratiques alimentaires” (statistiques INSEE paru le 09/10/2015)

Pour

Une famille avec enfants, ses dépenses en alimentation par mois représentent en moyenne 22% de son budget, soit 685 .” (étude INSEE 2006).

Il s’agit bien sur d’une moyenne statistique et selon les revenus de chacun votre budget sera différent.

On passe aussi peut être plus de temps à cuisiner que vous, c’est notre choix, notre organisation et les menus sont atypiques, et à l’apéritif à la place des sodas, ce sera un jus d’abricot bio du producteur du coin. Mais je respecte les choix de chacun en fonction de ses contraintes. Et puis comme on dit: Rome ne s’est pas construite en 1 jour.

Néanmoins je terminerai là dessus,

Si “ La santé n’a pas de prix ”, Soigne ton assiette!

Cet article vous a plu?  Ou pas?    Les débats sont toujours enrichissants !!!

Partagez avec nous dans les commentaires, vos difficultés ou vos astuces pour “bien manger” sans faire exploser votre budget…

 Cet article participe à l’évènement inter-blogueurs “Les plus grands mythes de votre domaine” organisé par Elodie et François du blog La Céto Sympa. Si vous avez aimé cet article, je vous remercie de cliquer sur Partager l’article ! Email

 

Illustrations: manger sain coûte cher by Alexas-photos by pixabay.com licence creative commons/comparatifs de produits bio et non bio by soigne ton assiette.com tous droits réservés/ fruits et légumes by TeroVesalainen by pixabay.com licence creative commons/lasagne by Bru-no by pixabay.com licence creative commons/ heure du choix by freephotos by pixabay.com licence creative commons/ Le prix d’une salade by soigne ton assiette.com tous droits réservés/

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7 commentaires sur ““Bien manger coûte cher !” : Mythe ou Réalité?”

  1. Je confirme que les deux miss ont très bon appétit.
    Un vrai régal de les voir manger et surtout elles aiment tout et sont super bien habitué.
    Un exemple pour moi!!!
    Merci encore pour tes supers conseils Virginie

  2. Bonjour Virginie,
    Merci pour cet article qui est très intéressant personnellement je me suis intéressé de plus près au budget que tu utilises pour la famille et pour vous quatre.
    Moi dans ma famille le problème c’est qu’on est cette alors appliquer ta façon de manger nous est carrément impossible enfin du moins de ma vision.
    Nous sommes donc obligé de favoriser la quantité à la qualité.
    Mais si tu as une idée à me proposer je suis partant.
    Nous sommes deux adultes 2 jeunes de l’adulte de 21 à 19 ans une ado de 14 ans un enfant de 10 ans et une petite fille de 4 ans.
    À titre d’exemple par exemple on consomme entre 3 et 4 kg de bananes par semaine.

    1. Merci pour ton commentaire Gabriel
      effectivement à 7 ça doit être de la logistique!!! Y a plus qu’à faire travailler tout le monde pour faire les repas 😉

      ce que je peux te conseiller c’est de faire au maximum des repas simples: le plus de crudités, soupe ects… mis à part le lavage des légumes ça prend peu de temps.
      Manger sain ne veut pas forcément dire faire top chef tout les jours
      Après à chacun de trouver le modèle qui lui correspond…

  3. Merci pour ton commentaire Damien.
    tout à fait d’accord avec toi même si chez moi le “manger moins” n’existe pas encore 🙂 (et oui j’ai des gourmands à table) mais je suis tout à fait d’accord avec toi.
    Pour l’eau également, j’insisterai juste sur le fait qu’il faut veiller à boire au moins 30minutes avant les repas pour ne pas gêner le travail de l’estomac et diluer son acidité ce qui rend la digestion plus longue et moins facile…

    1. Bonjour Virginie,
      Tout a fait d’accord.
      C’est ce qui m’a parlé dans l’approche du livre du Dr Batmanghelidj que j’ai résumé.
      Il s’intéresse PEU à la question “quelle eau boire ?” et se focalise sur le “Quand ?” qui est plus rarement abordée.

      Comme tu l’as dit : 30 minutes avant le repas, ça hydrate et protège le système digestif avant l’arrivée des aliments.
      Si ce n’est pas fait : création d’un stress. Le corps doit aller chercher dans ses réserves d’eau pour gérer la digestion.

      L’avantage avec cette pratique, c’est que la faim est moins forte (même pour les gourmands, en tout cas ça marche pour moi 😉

      Bonne continuation et à bientôt !

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