Du bœuf dans le yaourt ???

Du bœuf dans le yaourt!

Une fois n’est pas coutume, mais je n’ai pas pu résister à commenter cette vidéo qui fait le buzz:

Du boeuf dans le yaourt

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« Pour Foodwatch, qui dénonce les dérives de l’industrie agroalimentaire, la tromperie ne fait guère de doute.» David Namias BFMTV

Cette polémique a été reprise par plusieurs chaînes TV et commentée par un nutritionniste très médiatique…

Petit rappel avant tout, je viens de l’industrie agroalimentaire où j’ai longtemps travaillé en me souciant de la sécurité sanitaire des aliments que l’on fabriquait. J’ai quitté ce métier car je trouve que l’on ne s’y soucie pas assez de la qualité nutritionnelle des aliments.

“Du bœuf dans le yaourt”

C’est sûr…ça accroche! Mais alors pour moi, quelle hypocrisie !!!

Seulement 12 produits mis sous la rampe des projecteurs ?

Impossible !

Il y en a dans tous les rayons!

Cependant, annoncer des grandes marques comme Yoplait, Haribo, Orangina, Cémoi, Nestlé, Carte d’or, ça fait le Buzz et de l’audience donc de l’argent…

Mais, on prend les consommateurs pour des idiots et ça, ça me mets en colère !

Certes, je comprends que ça scandalise les végétariens, et ceux qui suivent des convictions religieuses…or ces consommateurs sont généralement plus vigilants aux étiquettes…

Mon objectif n’est pas de dénigrer Foodwatch ni de défendre les industriels, je vous propose simplement mon propre éclairage sur cette polémique :

1-Le Fromage et la présure d’origine animale

Le fromage a toujours était fabriqué à partir de présure depuis la nuit des temps …d’ailleurs tous les fromages sous Label rouge et AOC n’ont pas le droit de faire autrement car c’est LA méthode traditionnelle.

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Alors, de qui se moque t on ?

Pour bien comprendre, le principe actif de la présure est une enzyme digestive protéolytique, nommée chymosine. Comme dans l’estomac du jeune bovin, elle va cailler le lait, changeant ainsi la structure des protéines sans quoi l’on ne peut pas faire de fromage.

Ce que l’on ne vous dit pas dans ce reportage c’est qu’aujourd’hui hormis la présure extraite du caillet de veau (déjà abattu pour sa viande), l’industrie utilise d’autres coagulants ayant les mêmes propriétés physicochimiques pour faire coaguler les protéines de lait. Ils sont notamment extraits de certains végétaux ou produits en laboratoire par des bactéries, ou des champignons.

Dans ces3 derniers cas, on n’étiquette pas « présure » mais « coagulant ».

Moins coûteux, l’un de ces coagulants a été mis au point pour répondre à la demande de l’agro-industrie fromagère.

Par contre, le fait que ce coagulant soit fabriqué à partir de cellules de champignons génétiquement modifié (OGM) n’est pas mentionné sur l’étiquette. Or c’est tout à fait légal, puisque ce n’est pas le champignon que l’on met dans le fromage mais ce qu’il a produit. Je ne sais pas vous, mais me concernant, je trouve cela plus scandaleux!

2-Colorant d’origine animale :

La majorité des produits rouge ou rose contiennent du colorant rouge E120 (carmins) ou rouge de cochenille. C’est de la poudre d’insectes broyés : ce n’est pas très appétissant, j’en conviens.

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Cependant, c’est quand même mieux, à mon sens que les colorants azoïques utilisés massivement il y a quelques années et que l’on retrouve encore dans certains produits non pointés du doigt ici !

Pour info, ces colorants azoïques sont :

  • le jaune orangé S (E110),
  • le jaune de quinoléine (E104),
  • la carmoisine (E122),
  • le rouge allura (E129),
  • la tartrazine (E102)
  • et le ponceau 4R (E124).

Les produits en contenant doivent étiqueter cette phrase sur les produits :

« Peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants »

Personnellement, je préfère vous donner cette information qui me parait plus utile pour votre santé et celle de vos enfants…

3- Gélatine d’origine animale dans les yaourts

Concernant la gélatine, effectivement il n’y a pas d’obligation règlementaire de dire son origine mais pour information la gélatine est forcément d’origine animale!

La gélatine végétale, ça n’existe pas !

Au mieux, on utilise de l’agar agar (algue) mais que l’on n’a pas le droit de l’étiqueter gélatine!

L’agar agar est plus cher et ses propriétés technologiques ne sont pas tout à fait les mêmes.

L’origine de la gélatine peut être, dans l’ordre: de porc, de bœuf ou de poisson. Le bœuf a été délaissé un certain temps suite à la crise de la vache folle, mais il est de plus en plus utilisé aujourd’hui pour éviter de mettre de la gélatine porcine vis-à-vis des musulmans.

Dans l’article sur BFMTV, David Namias s’interroge sur:

« Mais pourquoi une “spécialité laitière maigre au fruit” doit-elle contenir plus d’une quinzaine d’ingrédients dont sept additifs notés E suivi d’un nombre? » 

Sans donner de réponse…

Il serait peut être plus judicieux d’expliquer que l’on ne peut pas faire des produits “light”, en conservant le même aspect que leur homologue classique à des prix acceptables, sans avoir recours à des additifs : technologiquement, gustativement et biochimiquement, c’est très compliqué… Mais ça ne ferait pas le buzz !

 

Conclusion, je pense que le problème est mal posé: si le soucis, c’est effectivement qu’il y ait des produits d’origine animale dans les produits, notamment pour les végans, pourquoi ne pas créer un signe de qualité avec un cahier des charges clair Vegan?

Quoi qu’il en soit, je vous invite donc à regarder la liste d’ingrédients des produits et pas seulement la marque…en fonction de vos propres convictions santé, éthique ou religieuse !

 

Bon appétit 😉

 

Vous n’êtes pas d’accord ? Dites le ! Laissez moi un commentaire !

Les débats sont toujours enrichissants 😉

 

Sources :
RÈGLEMENT (UE) N° 257/2010 DE LA COMMISSION du 25 mars 2010 établissant un programme pour la réévaluation des additifs alimentaires autorisés, conformément au règlement (CE) n° 1333/2008 du Parlement européen et du Conseil sur les additifs alimentaires
L’étude menée par McCann et al (2007) et commanditée par la UK Food Standards Agency impliquait 153 enfants âgés de 3 ans et 144 enfants âgés de 8 à 9 ans représentant la population générale, y compris des enfants ayant un niveau normal ou élevé d’activité, mais pas d’enfants traités pour un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Cette étude est publiée dans The Lancet.
Site de www.efsa.europa.eu/fr/
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